Chambre régionale des Comptes : de bons comptes feraient de bons amis

Chambre régionale des Comptes

La présentation du rapport de la Chambre régionale des Comptes concernant Gentilly a tourné en démonstration d’esquives et d’évitements de la part de la majorité. Pourtant, des problèmes de fond sont pointés, indépendamment de la couleur politique : la qualité de l’information fournie au Conseil Municipal (i), la rigueur dans la tenue des comptes de la ville (ii) et la situation catastrophique des finances communales (iii).

Bien évidemment, la majorité s’est engouffrée dans le dernier sujet, éludant les deux premiers, en se défaussant sur la baisse des subventions accordées par l’État. Excuse toute trouvée mais qui n’en règle pas moins le problème de la dette importante de la ville. Surtout quand les scénarios catastrophes étudiés sont une augmentation vertigineuse de la fiscalité (+ 22% puis quelques % sur les années suivantes) ou une baisse drastique des dépenses (-11% par an pendant plusieurs années), soit la diminution du nombre d’agent et l’arrêt pur et simple d’un certain nombre d’actions communales (lesquelles ? le CMS ? la médiathèque ? le Point J ?). Le problème doit être pris au sérieux.

La qualité de l’information fournie au Conseil Municipal

Revenons sur la qualité de l’information fournie au Conseil (i). La Chambre régionale des Comptes dénonce que l’information soit insuffisante quand bien même elle existait et était fournie à l’exécutif. C’est donc une volonté délibérée de cacher de l’information au Conseil et donc aux Gentilléens. C’est tout à fait inacceptable et nous serons vigilants à ce que cela ne se reproduise pas l’an prochain.

La rigueur dans la tenue des comptes de la ville

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Concernant la rigueur de la tenue des comptes de la ville (ii), il n’est pas question de polémique politicienne, ici. Toutefois, on peut s’interroger sur les choix de l’exécutif municipal. Ainsi, par exemple, depuis 1997, aucun inventaire central n’a été constitué. De sorte que personne ne connaît le patrimoine effectif de la ville. Le Trésor Public le chiffre à 140 millions d’euros, la ville, pour sa part, 35 millions. Soit un écart de 105 millions ! On justifie cela par une volonté de transparence… de qui se moque-t-on ?

C’est d’autant plus inquiétant que Gentilly, par rapport à des villes comparables, dépense 59% en plus pour ses dépenses de personnel. Cette suradministration devrait conduire à une plus grande qualité de l’information financière. Or, il n’en est rien. Il convient donc de s’interroger sur le bien-fondé d’un choix de gestion inefficace dans le service rendu à la population.

Dans le même temps, le rapport pointe l’incapacité de la ville à partager le volume horaire de ses agents. Après demande insistante, nous l’avons obtenu en Conseil : 1537h/an pour les femmes et 1544h/an pour les hommes. Soit l’équivalent de 10 jours de congés supplémentaires ou d’une semaine légèrement inférieure à 33 heures. Situation que la ville souhaite pérenniser.

La situation catastrophique des finances communales

A la question de savoir comment le maire souhaite rétablir une situation financière (iii) qu’il a lui-même creusée, la réponse est pour le moins évasive voire inexistante. C’est là que l’opposition s’inquiète, car il ne s’agit pas de l’avenir de la majorité municipale mais de notre ville et des choix de services que nous souhaitons rendre à la population. L’invraisemblable serait qu’il n’y a pas de projet. L’inquiétant serait qu’il existe mais qu’on refuse de partager ce projet. Sans doute cache-t-il des lendemains difficiles, au grand dam des plus modestes et des plus fragiles.

 

Par Benoît Crespin

Président de Gentilly-Entente

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