Intervention lors du Débat d’Orientation Budgétaire 2015

Débat d’Orientation Budgétaire – Ville de Gentilly

Intervention de Benoît Crespin pour le groupe Gentilly-Entente – 12/02/2015

 

Madame le Maire,

Le débat d’orientation budgétaire pour 2015 que vous nous présentez, pour la première fois de cette mandature, illustre une triste réalité et un terrible bilan : les finances de notre ville ont viré au rouge! Et cela sans mauvais jeu de mots.

Le lyrisme de votre présentation n’y change rien. Les faits sont là : l’état des finances de notre collectivité est devenu extrêmement préoccupant. Pourtant toute la campagne durant, vous nous assuriez que tout allait bien et que la liste que j’ai conduit été inutilement alarmiste.

 

” Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes “. Bossuet illustre à la perfection la situation. En 2012, le PCF et ses alliés ont soutenu l’élection du Président de la République, François Hollande.

 

Ce choix d’hier ne peut pas être oublié maintenant que ce même Président de la République use sans relâche de son omnipotence pour détruire chaque jour la France. Votre complicité dans cette situation est d’autant plus évidente que vous avez entériné ce choix en mars 2014 en faisant alliance avec toutes les forces de gauche de notre territoire. Socialiste, écolo, de quoi devenir gaga.

Votre choix conduit le pays à la ruine, faut il le rappeler : 570 000 chômeurs de plus depuis 2012, là où nos voisins européens créent de l’emploi. La croissance est en berne avec une croissance à 1% prévue pour 2015, là ou les prévisions européennes avoisinent 1,7%. Enfin et là est tout le mensonge de votre présentation, un déficit public de 4,1% du PIB en 2014. C’est-à-dire, que la France dépense plus d’argent qu’elle n’en gagne via ses différentes sources de revenu.

La rigueur européenne voudrait un déficit à 3%, nous en sommes loin. Ne parlons donc pas d’austérité quand il s’agit de dépenser plus que ce que l’ont a. Le terme convenable est la gabegie. Entretenue depuis 40 ans sans discontinuer et ce gouvernement ne fait pas défaut.

Faire croire que la dette publique n’est pas du ressort des collectivités ? Et pourtant, l’annuité de la dette cumulée à Gentilly atteint les 3.9 millions d’euros pour le budget 2015, un montant en croissance continue depuis 2009.

 

Que dire des soit disant cadeaux aux entreprises qui n’ont fait repartir, ni l’emploi, ni la croissance. Pire les jeunes, diplômés ou non, pointent massivement au chômage.

La réponse à la crise à cette crise qui n’existait pas a été : Sur administration masquée sous l’appellation « simplification », ANI ou loi Macron ; retour de la retraite à 60 ans en dépit du bon sens ; lois iniques sur la Famille, la recherche sur les embryons ou maintenant la fin de vie ; sans parler d’une transparence financière qui en fait rire plus d’un…

 

A l’heure ou 56% des Français rêvent de créer leur emploi et veulent tenter l’entrepreneuriat, le salut des jeunes diplômés est à l’étranger.

Pourtant, et c’est tout le paradoxe de la situation, le gouvernement s’est empressé de rouvrir nos frontières. Plongeant de plus en plus de gens dans un système déjà déficitaire, dans un pays qui souffre de mal logement et où la pauvreté croit chaque jour. A croire que Michel Rocard n’a pas fait d’émule, quoi qu’on en dise.

Pour résumer le pain est plus petit mais doit nourrir plus de bouches. De cette situation, vous en êtes autant responsable que mes voisins socialistes. Tout juste avez-vous eu la clairvoyance d’identifier le capitaine de pédalo… mais de, malgré tout, lui confier la barre. Le navire coule et vous vous plaignez que la musique s’arrête…

 

La musique qui s’arrête, la notice explicative au DOB qui nous a été transmise le dit dès son introduction. Pendant la campagne des élections municipales de 2014, la majorité sortante a fait beaucoup de promesses que, dès aujourd’hui, elle se résigne à abandonner.

Il est facile de faire croire aujourd’hui que l’échec annoncé de la majorité municipale est à attribuer au Gouvernement, après avoir refusé si longtemps d’anticiper la situation, de gérer les finances locales convenablement, d’avoir un discours de vérité envers les Gentilléennes et les Gentilléens.

C’est un mensonge que de faire croire à la soudaine baisse des dotations. Elle a été annoncée en 2013. Cela laissait le temps d’anticiper. Sans doute la période électorale de l’an dernier n’y était pas propice.

Vous prêtiez à votre adversaire d’hier, les pires intentions alors qu’il appelait à la raison.

Aujourd’hui, c’est la douche froide. Et ce sont les administrés et les agents qui trinqueront, une fois de plus, à la santé de d’une majorité municipale qui n’est pas à la hauteur.

Courageux, vous avez déterminé un coupable extérieur tout trouvé et qui ne saurait se défendre. Ainsi, la porte est ouverte à votre majorité aux abois pour sacrifier les agents. Car ne nous leurrons pas, vous ne diminuerez pas les charges de personnel de 1 million d’euros sans réduire le nombre de poste et le pouvoir d’achat de plusieurs centaines de familles.

 

Bien sûr, nous pouvons saluer le recours désespéré à une rhétorique d’un autre âge pour tenter une dernière pirouette : comme si « la sphère de la finance » était réellement un contributeur majeur local possible – nous ne vivons pas dans le centre de Londres ! La contribution du monde de l’économie au développement local est indispensable, comme vous le dîtes si bien. Alors faisons tout pour attirer ce monde de l’économie chez nous, plutôt qu’en inventant tous les subterfuges possibles pour l’en éloigner !

Malheureusement, madame le Maire, cela ne se limite pas à déjeuner à la gauche du patron de Sanofi et qu’il fasse vos louanges devant un parterre de personnalités. Maintenant qu’il est parti, ses choix seront-ils pérennisés ? Nous n’en savons rien. Il eut mieux valu faire venir des petites structures, louer ces bureaux désespérément vides dans notre ville. Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier comme dit la sagesse populaire.

 

Nous voyons arriver des années difficiles pour les finances locales et donc pour vos administrés. Armons-nous et armons les Gentilléennes et Gentilléens pour ne pas, demain, les abandonner à eux-mêmes.

Dans un texte remplit de dogmatisme, les faits sont là, comme coincés entre des promesses vidées de leur sens. Ne pas sacrifier le service public ? Et pourtant le premier poste d’économies sera bien la masse salariale. Vous aurez beau blâmer l’augmentation du SMIC – ironie du sort s’il en est – toujours est-il que le 1 million d’euros de diminution de la masse salariale qui se traduira en diminution d’effectifs et de services pour les Gentilléennes et Gentilléens. Hier, vous auriez pu anticiper, moderniser, voire accroitre le service à la population tout en ayant une gestion rigoureuse. Aujourd’hui, dans l’urgence, les coupes seront franches et les dégâts considérables.

Pourquoi n’est-il pas possible, par exemple, de payer la cantine pour ses enfants par internet ? D’autres communes le font et à un coût inférieur. Le comble, tous les enfants ont à manger !

En faisant cela, vous auriez facilité la vie de ces parents isolés, souvent des femmes, qui gagneraient un temps précieux. Le service public, en serait il attaqué ? Je ne crois pas. Renforcé, certainement.

 

Le «budget volontaire » de la mairie cache en fait une réalité bien plus sordide : Sur 776 300 euros de baisse de recette, vous en profitez pour diminuer les dépenses d’1,3 million d’euros.

Malgré cela, le menu que la ville nous réserve n’est pas exempt d’indigestions. Au programme, hausses de tarifs et hausses d’impôts pour tout le monde. Car ne nous leurrons pas, les 56% de logement sociaux verront leur loyer augmenter pour compenser le manque à gagner des bailleurs sociaux. La démarche est, je vous l’accorde, astucieuse, car vous n’apparaitrez pas en haut de la facture… Il n’est pas de petite victoire, sans doute.

Mais croyez-vous sincèrement qu’en augmentant la taxe foncière, nous réaliserons un bilan positif ? Faire fuir les bailleurs privés et entreprises qui paient de l’impôt et financent la ville, voilà la brillante idée de la municipalité. Sans doute le bon sens n’a-t-il pas effleuré la majorité aux commandes – Pour redistribuer la richesse, il faut qu’elle soit présente. Sinon vous ne partagez que des miettes. C’est là la base même de la vie en communauté que nous appelons de nos vœux pour notre ville.

Nous, élus de Gentilly Entente, refusons de cautionner une telle débauche de d’arguments creux voire fallacieux et de promesses non tenues. Nous vous demandons de faire primer l’honnêteté sur la démagogie. Cela commencerait par exemple, par éviter de faire exploser ces dépenses de communication avec des campagnes malhonnêtes comme celle affichée sur cette mairie.

Nous continuerons d’espérer que votre majorité municipale revienne enfin à la raison et abandonne une route dogmatique qui mène à l’absurde.

Notre pragmatisme nous pousse à être l’optimisme pour nous et nos enfants. Nous ne nous résignerons pas à accepter sans broncher la fuite en avant communiste.

 

Je vous remercie.

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