Vacances pour tous ou la place de la différence dans le service public à Gentilly

L-odorat-nouveau-moyen-de-depister-l-autisme_exact1024x768_pC’est une jolie histoire que nous voulions partager avec vous ce mois-ci. Cette tribune a été confiée au bon soin de mamans qui souhaitaient vous dire la joie de voir leurs enfants partir en vacances. Une histoire banale et s’est pourtant avérée pleine de rebondissements.

Celle d’enfants autistes de Gentilly qui sont partis en colonie de vacances avec leurs camarades. Le pari n’était pourtant pas gagné d’avance.

Au départ, les parents d’enfants autistes, réunis au sein d’une association locale (Autisme et cetera), ont voulu, comme tous les parents gentilléens, prétendre aux « vacances pour tous », étendard de la ville lorsque la période estivale approche. Toutefois, la démarche s’est compliquée devant la nouveauté de la demande. En effet, la ville n’avait, semble-t-il, jamais fait partir d’enfant nécessitant un accompagnement particulier, quand bien même pris en charge par les familles.

L’autisme est un trouble du développement humain caractérisé par une altération de la communication, une perturbation des relations sociales et un comportement restreint et répétitif. Ces troubles nécessitent une attention particulière et les parents doivent financer un accompagnement spécialisé qui permet l’adaptation de l’environnement à l’enfant.

La loi prévoit pourtant la présence d’un éducateur spécialisé auprès de ces enfants. Ainsi, comme à l’école, ces enfants sont accompagnés pendant leurs vacances.

Cette différence inquiète les personnes n’ayant pas de connaissance de l’autisme et elles préfèrent ne pas entreprendre les démarches nécessaires pour permettre l’inclusion des enfants. La loi ne s’applique donc pas pour 1 % de la population (aujourd’hui l’autisme concerne un enfant sur 100).

Les parents ont donc dû interpeller Madame le Maire et le Maire adjoint chargé du handicap pour que leur demande soit étudiée.

Devant cette interpellation, le Maire adjoint a tenté de comprendre, auprès d’une administration initialement réticente, quels pouvaient être les freins éventuels à l’accueil de ces enfants avec autisme et comment ils pouvaient être levés. Visiblement, rien n’empêchait un départ en vacances, comme cela est le cas dans d’autres villes qui utilisent le même organisme. Si ce n’est la peur d’une nouvelle situation pour l’administration.

Ayant réussi à rassurer l’administration sur la capacité des enfants à partir dans les conditions habituelles (rencontre avec des professionnels spécialisés dans l’autisme), les parents ont enfin pu inscrire leurs enfants en colonie après 18 mois de combat et de « non » catégorique de la part de l’administration.

Les courageux parents d’enfants autistes sont habitués à « bousculer » les administrations pour faire valoir le droit de leurs enfants, purement et simplement. C’est souvent à ce prix-là, qu’ils réussissent à se faire entendre.

Le séjour en colonie s’est bien passé pour tous les enfants. C’est une belle expérience de vie en commun dans le respect et la tolérance. C’est aussi l’occasion, nous l’espérons, pour d’autres enfants de faire l’expérience de la différence et de l’accueil de chacun avec ses faiblesses mais aussi ses richesses.

C’est ainsi, qu’on bâtit, avec les enfants d’aujourd’hui, une ville plus forte, plus humaine et plus solidaire. Au-delà des slogans, la réalité reste le meilleur remède.

 

Par Véronique Bertrand,

Conseiller municipal du groupe Gentilly-Entente

 

Retrouvez cet article sur le site de Gentilly-Entente

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.